Hélène Damville et l’usage du corps / Jean-Paul Gavard-Perret

2012-burin sur chine appliqué-20x10cm

 

Parce que les mots ne sont ni la maison de dieu ni celle du réel, l’image garde une perspective indépassable et qui en fait le prix. Elle cerne – en particulier chez Hélène Damville – la complexité de l’être : le désir et la mort, le masculin et le féminin sans souci de leçon.

2012-burin sur chine appliqué-20x30cm

Existent des approches, des attentes, des montées, des descentes dans divers circuits de reprises et de circulations par ce que le dessin dans sa facture première peut offrir. A savoir ce que les mots ne font pas L’artiste crée des hymens, des connexions, des circulations où des opposés tentent de se rejoindre, de s’articuler. Elle porte atteinte au vide par espoir de fusion.

Demeure néanmoins le risque de l’abîme au sein d’un mouvement vers un assemblage peut-être impossible. L’apparition est trouble, confuse, sexuelle. Le dessin se projette , s’érige ou se jette dans l’abîme. Pas de lumière : au mieux le noir (sur le blanc) mais afin qu’il devienne un peu moins noir par ce qui s’érige : fragments de corps suspendus, bouches sans lèvres, phallus sans corps donc non dedans mais devant. Le désir semble pouvoir se rattraper « par la queue » mais le doute subsiste. Le dessin capte surtout la latence, le creux. L’image n’est donc plus un simple croire voir mais un déboîtement. Le souffle qui s’émet s’écrase sous le burin et fait que la figure « avance », répondant au silence et au manque. Certes pour Hélène Damville tout ordre est provisoire : créé il est défait. Mais il avance dans l’œuvre de reprise en reprise.

Jean-Paul Gavard-Perret

http://salon-litteraire.com/fr/arts/content/1939722-helene-damville-et-l-usage-du-corps

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